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Le vieil homme et la mort
(extraits)
"Naître,
c'est déjà, en soi, accomplir un pas
vers la mort. Je pense souvent à la mienne,
prochaine, disait Tenzin Choedrak. Bouddhiste, je
la considère comme un processus naturel, une
réalité que j'ai admise tout au long
de mon existence. Nul ne peut y échapper et
je ne vois aucune raison de m'en inquiéter.
Elle n'est pas une véritable fin."
Tenzin
Choedrak, médecin personnel du Dalaï-Lama,
nous a quitté. Il est mort le 6 avril à
Dharamsala, en Inde du Nord à quelques centaines
de kilomètres de son Tibet natal. Né
en 1922 à Ringpoung Dzong près de Shigatsé
au Tibet central, Tenzin Choedrak était entré
à l'âge de dix ans au monastère
de Nyepo Choe où il resta pendant sept ans.
En 1941, il entra à la célèbre
école de médecine monastique Mentse-Khang
à Lhassa où il est fut formé
par le vénérable Khyenrab Norbou. Pauvre
et peu instruit, de santé fragile, il relève
le défi. Obligé de vendre quelques objets
personnels, de peu de valeur, pour s'acheter des livre,
il s'enfonce dans les études médicales.
En 1952, Tenzin Choedrak sort du Men-tse-khang, premier
d'une promotion de soixante dix élèves,
avec le titre le plus élevé, expert
dans les onze branches majeures fondant la pratique
médicale au Tibet. Après avoir été
pendant un an le médecin de la mère
du Dalaï-Lama, il se rend, en 1954, à
Phari, où il étudie les procédés
de purification et de détoxication du mercure,
un métal qui entre la fabrication de certains
médicalements. L'année suivante, il
est appelé par le gouvernement tibétain
à être, à Lhassa, l'un des quatres
spécialistes affectés à la santé
du Dalaï-Lama.
La
première fois que j'ai rencontré le
médecin personnel du Dalaï-Lama, c'est
en 1994 à Dharamsala. Je venais d'être
reçu en audience par Sa Sainteté le
Dalaï Lama et il se tenait à quelques
pas de nous. Tenzing Choedrak est l'un des rares maîtres
les plus éminents de la tradition médicale
tibétaine qui aura marqué de son empreinte
l'histoire du Tibet et sa culture. La première
fois, il m'a reçu pour m'expliquer le Men-tse-khang,
l'institut de médecine fondé par Khenrab
Norbou, le maître qu'il est allé rejoindre
en ce mois d'avril 2001. J'étais loin de me
douter qu'il me choisirai un jour comme biographe.
Je l'ai revu en 1996, la veille de mon départ
de Dharamsala, alors que j'écrivais un livre
consacré au Panchen Lama, et nous avons pris
rendez-vous pour l'année suivante 1997. Moments
intenses, instants privilégiés de partage.
Tenzin Choedrak m'a raconté sa vie en me confiant
un enseignement de base du bouddhisme tibétain
: l'amour et la compassion, auquel j'ajouterai le
pardon. En 1975-76, après dix-sept années
passées dans les geôles chinoises où
il était torturé chaque jour, il acceptera
de soigner un commandant d'artiellerie atteint d'une
maladie considérée comme incurable.
Un tournant dans la vie du docteur Choedrak. En dépit
des tortures infligées par ses tortionnaires,
et la mort de quasiment tous ses compagnons de cellule,
il avait conscience qu'il devait guérir ce
militaire afin d'obtenir l'autorisation de soulager
ensuite la souffrance des autres détenus du
camps. Le militaire guéri, le docteur Choedrak
connaîtra quatre autres année de demi-liberté.
Mais il avait atteint son objectif : il pouvait aider
les Tibétains prisonniers des Chinois.
Dharamsala.
Sur la véranda du bungalow où nous allions
nous retrouver chaque jour pendant plusieurs heures,
ce matin est différent de tous les autres.
C'est l'avant-mousson de 1997. Le soleil darde ses
rayons sur le jardin, des oiseaux chantent, une mangouste
pointe son nez. Un froissement. Homme, plié
en deux, monte la pente. Il me fait signe. Je lui
répond. Je vais à sa rencontre. Tenzin
Choedrak appuie une main sur son genou, reprend son
souffle, rit. Il me prend la main, appuie son front
contre le mien. Un flot d'émotions m'envahit.
Tenzin Choedrak est gravé à jamais dans
mon coeur.
Il
est né prématuré, en avril 1922.
Enfant, il était considéré comme
l'idiot du village. C'est à force de courage
et de travail que Tenzin Choedrak va apprendre à
lire et à écrire dans son monastère
de Tcheuté qu'il rejoint à l'âge
de dix ans. L'étude des textes sera plus facile
pour lui quand il aura treize ans. Le temps passe,
dur, pénible parfois, mais Tenzin Choedrak
est toujours animé de cette farouche volonté
: devenir amchi, c'est à dire docteur de médecine
tibétaine. Une certitude : il est habité
par l'enseignement du Bouddha. Le Dharma règle
son quotidien. Le Dharma est toute sa vie.
C'est
en 1940 que le docteur Choedrak arrive à Lhassa,
bien décidé à réaliser
son rêve. A l'époque, le Dalaï Lama
a tout juste cinq ans et vient d'arriver dans la capitale.
Etrange destin. Ils ne se connaissent pas encore,
mais leur vie empruntera désormais une voie
parallèle. La première visite de Tenzin
Choedrak au Men-tse-khang sera en tant que patient.
Il n'a pas trouvé d'autre moyen pour rencontrer
les maîtres de l'Institut de médecine.
Ils sont deux dans une pièce. Devant eux, un
adolescent qui leur dit : "je ne suis pas malade.
Je viens du monastère de Tcheuté et
je veux devenir amchi comme vous !". Il étudiera
au Men-tse-khang auprès de Khenrab Norbou,
son guide, celui à qui il s'est toujours référé
au cours de nos entretiens. Le médecin doit
être intelligent car il est destiné à
de grandes responsabilités. Il doit être
capable de soigner des troubles extrêmement
graves et ne jamais se laisser décourager par
les difficultés rencontrées. Son engagement
moral exige une discipline très stricte. Il
doit considérer le patient comme ses propres
parents. La créativité du médecin
est une autre qualité, de même que l'enthousiasme.
Et enfin, il doit appliquer les enseignements du Bouddha
qui prône notamment la tolérance et la
compassion. C'est ce que le docteur Tenzin Choedrak
a fait tout au long de sa vie. Il est l'exemple même
de celui qui, dans son existence présente,
aura été un bodhisattva, un être
réalisé qui contribue continuellement
à soulager la souffrance de tous les êtres.
Le
12 mars 1959, en plein soulèvement à
Lhassa, il est arrêté alors qu'il s'apprêtait
à regagner le Norboulingka, la résidence
d'été du Dalaï Lama, devant laquelle
la foule gronde. Des rumeurs circulent, en effet,
sur le possible enlèvement du souverain tibétain
par les forces communistes chinoises. C'est seulement
21 ans plus tard en 1980 - qu'il rejoindra Dharamsala,
Sa Sainteté le Dalaï Lama, Amala (la mère
du Dalaï Lama, décédée en
1981) alors souffrante et qui réclamait Tenzin
Choedrak. C'est à Dharamsala qu'il poursuivra
l'oeuvre de son maître Khenrab Norbou. Le Men-Tse-Khang,
pendant de l'institut de médecine de Lhassa
continue à former des médecins.
Je
me souviens de notre dernière rencontre, l'an
passé. Il m'a récité en tibétain
une prière que je connais maintenant par coeur.
Il me tenait la main, mon front était appuyé
contre le sien. Nous savions que nous ne nous reverrions
plus.
"
Je suis convaincu que je ne pourrai pas revoir le
Tibet dans cette vie, disait alors Tenzin Choedrak.
Depuis 1980, date à laquelle je suis arrivé
à Dharamsala, j'ai oeuvré de mon mieux
pour permettre au Men-Tse-Khang de préserver
nos traditions. Quatre médecins-chefs connaissent
désormais les procédures de purification
et de détoxification du mercure et autres métaux.
Au cours de cette année, treize praticiens
ont bénéficié également
de ces enseignements. Quatre vingt étudiants
travaillent sous le contrôle permanent de professeurs.
Il y va de l'avenir de notre institution. Des scientifiques
du monde entier prennent désormais en considération
nos travaux, mais il reste encore beaucoup à
faire pour que la médecine tibétaine
soit reconnue à sa juste valeur et trouve sa
vraie place, afin de contribuer, à sa mesure,
au bien-être de l'humanité. "
Gilles Van Grasdorff
Gille Van Grasdorff, biographe du Dr. Choedrak, a
publié à ce titre "Le palais des
arcs-en-ciel" paru chez Albin Michel.
Bouddhisme et société, le modèle
italien
(extraits)
Un
accord signé avec un premier ministre communiste
sur la reconnaissance du bouddhisme comme religion
au même titre que le catholicisme ; des personnalités
du sport et du spectacle ouvertement conquis par le
Dharma ; un engagement social et humain exemplaire...
Où sommes-nous ? En Italie, tout simplement
Un
bouddhisme à l'italienne ?
Quand on interroge Daï Do Strumia, introducteur
du Zen en Italie voilà plus de trente ans après
une pratique assidue en France comme disciple de Taisen
Deshimaru, et responsable du centre Il Cerchio Vuoto,
Turin, voilà ce qu'il répond : "En
France, Taisen Deshimaru a travaillé de façon
bien précise, et avec lui s'est développé
un important mouvement et tout s'est concentré
dans cette dimension de groupe. Et donc, il y a une
structure qui englobe les choses de façon organique,
très bien organisée. Les italiens ne
sont pas des français, ce sont des Italiens.
Les choses, ils se les inventent eux-mêmes,
individuellement : "Moi, je fais comme ça,
et toi, tu fais comment ? Moi, je m'arrange de cette
façon, et toi ? " Et tout le monde s'entend
bien tout en faisant des choses différentes.
Il insiste aussi sur le fait qu'après une période
où le Zen ne comptait que très peu,
voire pas du tout de femmes, celles-ci ont peu à
peu envahi la scène jusqu'à très
largement dépasser les hommes. Etonnant ou
pas pour un pays dont les moeurs sont réputées
traditionnelles... il en est ainsi.
Le
vent en poupe
Laura et Valeria, deux jeunes bouddhistes milanaises
du centre tibétain Ghe Pel ling me le rappelaient
lors d'un entretien "volé" dans le
métro de la mégalopode du nord du pays,
il faut dire que le bouddhisme a en Italie des ambassadeurs
de choix, en particulier auprès des jeunes
qui se sont épris en masse de cette philosophie,
sans renier pour autant leur culture catholique. Ainsi,
rien moins que le chanteur numéro un du pays,
Jovanotti, un rappeur écologiste, voyageur
et non-violent, le meilleur joueur de football de
la décennie, Roberto Baggio, et le cinéaste
Gabriele Salvatores, réalisateur de Nirvana,
et l'équivalent d'un Luc Besson en Italie,
parlent ouvertement de leur sympathie, voire de leur
pratique bouddhiste. Sans parler de Bertolucci, dernier
"monstre sacré" du cinéma
italien, réalisateur de Little Bouddha en 1993.
Quand on sait qu'une génération vit
au rythme de ses chanteurs, de ses champions et de
ses films cultes, on peut comprendre la popularité
du Bouddhisme dans le "Bel Paese". Lors
de sa visite d'octobre 1999, le Dalaï-Lama avait
ainsi bénéficié d'un accueil
triomphant, et des interview réalisés
dans des universités avaient confirmé,
si besoin était, la côte du personnage
et de la spiritualité qu'il incarne...
Turin,
porte d'orient...
C'est le titre d'un article d'une double page qu'un
des plus grands quotidiens italiens, la Repubblica,
consacrait à la turinoise Elsa Bianco, psychanalyste
junghienne et présidente de l'Union des bouddhistes
Italiens, au mois d'octobre 2000. La capitale piémontaise
a en effet joué un grand rôle dans l'introduction
du bouddhisme en Italie, et cela depuis plus d'un
siècle et demi, par la voie universitaire.
Aujourd'hui, les plus luxueux magasins du centre ville
s'inspirent de l'Orient pour la décoration
de leurs vitrines, et les "ragazze" se parent
de bracelets mala. Il reste à souhaiter que
ce bel engouement porte les fruits escomptés
et gagne en particulier la totalité de la péninsule,
le sud restant pour l'instant encore peu touché
par le Dharma.
François-Marie
Perier
Contact : www.buddhismo.it
Réincarnation
: la réponse du lama au disciple (extraits)
"
L'idée de "réincarnation"
est intégrée à la structure philosophique
du bouddhisme, déclare le Dalaï-lama.
Il s'agit d'une énergie cinétique (en
mouvement) qui fait qu'une vie découle de la
précédente. Ce n'est pas pour autant
un enseignement de Bouddha. L'apport du Bouddha est
de montrer qu'il n'y a pas d'âme ou de moi qui
transmigre. Mais un individu arrivé à
un haut degré d'évolution spirituelle
est supposé capable d'orienter, au moment de
sa mort, ce flux d'énergie dans une direction
précise donnant naissance à un tulkou."
disciple
-Qu'en est-il de la mort ?
Lama -Si nous mourons attachés à
la vie, nous reviendrons dans cette vie. Si nous atteignons
la
libération pendant notre vie, nous serons libérés
du cycle des renaissances. Nous récolterons
ce que
nous aurons semé.
d.-Mais
qu'arrive-t-il dans la mort ?
L.-Chaque vie peut être comparée
à une goutte d'eau. Au moment de la mort cette
goutte retourne à l'océan et s'y dissout.
Elle apporte donc à l'océan l'expérience
de sa vie. Plus tard, lorsqu'une goutte d'eau sort
de l'océan pour animer une vie, est-ce que
c'est la même goutte ou une autre ?
d.-C'est
la même... est ce n'est pas la même...
L.-Pourquoi ?
d.-Parce qu'elle s'est mélangée
aux autres.
L.-Exactement. C'est la même et c'est
une autre parce que la nouvelle goutte porte en elle
un peu de toutes les autres. Il n'y a donc pas de
passage direct d'une vie à une autre, pas de
réincarnation individuelle. La goutte et l'océan
sont une image qui sert à nous faire comprendre
que la vie naît et renaît dans un contexte
que les vies précédentes ont organisé.
d.-Mais vous avez dit que nous récolterons
ce que nous semons.
L.-Tous les êtres sont nés de
cet océan duquel nous venons aussi. Nous serons
dans ces gouttes d'océan qui animeront d'autre
vies. Ainsi, nous récolterons avec ce que nous
avons semé, et ce qu'ont semé tous les
autres aussi.
d.-Mais alors, pourquoi certains naissent-ils
riches et d'autre pauvres ? Pourquoi certains ont
ils une vie facile est d'autres une vie difficile
?
L.-Les jeunes, les bien-portants et les riches
connaissent aussi la souffrance, la vieillesse, la
maladie et la mort. La vie humaine nous offre l'occasion
d'apprendre à nous libérer des circonstances
dans lesquelles nous nous trouvons. Ce ne sont pas
les circonstances qui conduisent à la sagesse,
mais notre façon de les vivre.
-Calme tout espoir de résultat. Il n'y a pas
de moi, donc pas de salut pour le moi, ni de libération
future. On ne se libère que dans l'instant
un instant à la fois. Cesse de désirer,
même la libération, car c'est là
ce qui t'empêcherait de la trouver.
Patrick
Levy
Auteur de "Contes de Sagesse"
Edition Dangles
Pas de compassion sans amour des autres
"On
peut se passer de religion, mais pas d'amour, ni de
compassion" affirme le Dalaï-Lama. Un thème
repris par Mathieu Ricard, moine bouddhiste
Dans son livre,"Sur les traces de Siddharta",
maître Thich Nhat Hanh a reconstitué
la vie du Bouddha. Il présente le jeune prince
Siddharta comme très uni à son épouse,
Yasodhara qui, selon maître Thich Nhat Hanh,
"discutait souvent avec Siddharta des moyens
de soulager les tourments des plus pauvres. Elle sollicitait
les conseils de son mari pour ses projets d'aide sociale".
Dans le couple princier, Yasodhara incarne l'amour
et la compassion qui s'efforcent de vaincre la souffrance
en la soulageant immédiatement, lorsqu'elle
se manifeste. Alors que Siddharta développe
une compassion plus profonde visant à nous
libérer non seulement de la souffrance actuelle,
mais aussi des causes de cette souffrance : "Conscient
de l'importance du travail de Yasodhara, Siddharta
pensait que cette seule voie n'arriverait néanmoins
jamais à apporter la paix. Les gens étaient
non seulement pris au piège de leurs maladies
ou de l'injustice sociale mais aussi prisonniers des
afflictions et des passions qu'ils avaient eux-mêmes
crées dans leurs coeurs. Et plutôt que
de s'engager dans une oeuvre sociale immédiate
aux côtés de Yasodhara, Siddharta préférera
quitter son épouse et le palais de son père,
agissant ainsi pour le bien de tous les êtres,
à la recherche de la vérité qui
représente la délivrance ultime de la
souffrance.
Dans
cette reconstitution de la vie du futur Bouddha, le
message de maître Thich Nhat Hanh est claire
: "c'est la vérité qui libère
et non la nourriture donnée à celui
qui a faim, ou les soins aux malades, ou les vêtements
à celui qui a froid. Car la vérité
traite les causes de la souffrance, pas seulement
des symptômes."
Tel
est l'amour de l'Eveillé qui libère
de la souffrance et de ses causes et qui inspire la
"grande compassion", la compassion active
et sans limite du bodhisattva exprimée par
cette prière du Dalaï-Lama : "Aussi
longtemps que durera l'éspace, aussi longtemps
que dureront les êtres sensibles, puissé-je
moi aussi demeurer afin de dissiper les souffrances
du monde."
Matthieu
Ricard, qui est devenu pour ainsi dire un passeur
entre le bouddhisme et nous car il vit de l'intérieur
les valeurs de cette religion tout en étant
un occidental, est particulièrement à
même de nous éclairer sur l'amour et
la compassion vécues dans le bouddhisme. A
Shechen, son monastère sont transmis des enseignements
parmi les plus élevés du bouddhisme,
tandis, qu'amour et compassion s'expriment très
concrétement dans la construction d'une clinique,
ouverte aux portes du monastère à tous
ceux qui ont besoin de soins. Et à Bodhgaya,
lieu sacré de l'Eveil, sous l'autorité
spirituelle de Rajam Rimpotché, Matthieu participe
à la création d'une clinique mobile
qui pourra secourir les plus démunis. Sa Sainteté
le Dalaï-Lama a d'ailleurs vivement engagé
les monastères tibétains à construire
des écoles, des dispensaires et des cliniques
destinés à tous. Les cliniques de Shechen
ou de Bodhgaya sont une manière d'illustrer
dans les actes l'essence même du messagedu Dalaï-Lama
rappelant souvent qu'on peut se passer de religion,
mais certainement pas de compassion, ni d'amour.
Sofia
Stril Rever
Pour en savoir plus :
Rencontre avec Matthieu Ricard sur les notions d'amour
et de compassion dans le bouddhisme. Mardi 6 juin
à 19h Université de Paris 8 Amphithéâtre
B1-métro Saint-Denis Université (ligne
13)
Participation 50 f * Entrée libre sur présentation
de la carte étudiant de l'Université
de Paris 8. Inscription et réservation : 1,
place de la Coupole 92084 Paris-la-Défense
cedex
tel : 01 47 96 48 76 (chèque à l'ordre
de Buddhaline)
*
Les bénéfices de cette conférence
seront intégralement reversés au monastère
de Shechen pour la clinique mobile de Bodhgaya. Vous
pouvez, si vous le souhaitez, faire un don en envoyant
un chèque à l'ordre de la Fondation
de France/ Fondation Padmasambhava que nous transmettrons.
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Bodhgaya sous influences (extraits)
Bodhgaya,
le site le plus sacré du bouddhisme, est au
centre d'une vaste polémique d'où émergent
des conflits liés au pouvoir et à l'argent.
En dépit d'une reprise en main par des moines
intégres, Bodhgaya reste sous influences...
Intérêts
personnels, conflits entre hindouistes, bouddhistes
et musulmans, contrôle du pouvoir sur un lieu
sacré qui génère, au niveau de
l'économie locale, des sommes considérables...
tous les ingrédients sont réunis pour
transformer Bodhgaya en véritable poudrière.
500.000
bouddhistes descendent dans la rue
L'année
suivante, les bouddhistes organisent une grande manifestation
à Delhi réunissant plus d'un million
de personnes. Mille policiers en armes arrêtent
le défilé près du pont Barha
Khamba. En signe de protestation, les manifestants
s'assoient tous par terre. Pendant huit heures d'affilée,
le trafic de Dheli est complètement bloqué
dans le quartier de Rajhat. Le but de cette manifestation,
comme celles qui vont suivre : rendre Bodhgaya aux
bouddhistes.
Faisant
remarquer que la majorité de la population
du Bihar n'est pas pro-bouddhiste, elle propose aux
moines contestataires de s'associer aux institutions
existantes plutôt que d'essayer de les supprimer,
"chose pratiquement impossible", et rejoindre
le comité de direction du temple de la Mahabodhi...
Gérard
Bogrand
Le
combat non violent des nonnes zen au Japon (extraits)
Quelles
que soient les religions, les femmes ont toujours
subi un machisme dominateur, injuste et injustifié.
Le chemin vers l'émancipation a été
parsemé d'obstacles pour les nones zen de la
tradition Soto. Mais elles y sont parvenues...
A
la fin du XIXe siècle, selon la réglementation
de la tradition Soto, les femmes devaient porter uniquement
la robe noire des novices ; elles n'avaient accès
à aucun enseignement, fût-il laïque
ou monastique ; elles ne pouvaient ni diriger un temple,
ni participer aux prises de décisions concernant
leur tradition ; et leur formation de nonne était
bien plus longue que celle de leurs homologue
masculins, parfois trois ans de plus. Conscientes
de l'aspect inéquitable de leur position, les
nonnes japonnaises choisirent néanmoins d'exprimer
leur gratitude face à cette injustice qui leur
offrait la possibilité de "polir la pierre",
d'approfondir leur pratique et d'agir.
Combat
pour l'égalité
Une nonne du nom de Kajima Kendo entra à l'école
de formation de Nagoya. En 1925, Kojima, qui avait
été ordonnée à l'âge
de 12 ans, fut la première nonne à entrer
à l'université de Komazawa, l'université
Soto des enseignants supèrieurs du zen. Kojima
Kendo fut directrice de la Pan Japanese Buddhist Nuns
Association qui avait pour devise : Brillant comme
le soleil Pur comme le lotus en fleur Le bien-être
véritable Vient de la compassion De la sagesse
De la libération. Elle voyageait debout, en
train, des journées entières pour se
rendre à de nombreuses rencontre et n'hésitait
pas à taper du poing sur la table. En 1945,
les conditions commencèrent à changer.
Les femmes purent choisir parmi leurs disciples les
héritières du Dharma et obtenirent l'égalité
des diplômes Elles purent se vêtir de
robes aux couleurs appropriées et voter pour
les questions de l'école Soto.Elles obtinrent
le droit d'être élues à la tête
d'un temple principal, ce qui était particulièrement
important car cela signifiait qu'elles étaient
soutenues par des laïques et disposaient désormais
de ressources financières. Kojima Kendo fut
la première nonne autorisée à
diriger une cérémonie à Eibei-ji,
au 700e service de la commémoration d'Ejo,
mais il fallut attendre 1980 pour cela. Aoyama Shundo,
qui a écrit une demi-douzaine de livres sur
le zen, dont Quiet Talk on Zen Tea, est devenue la
nonne la plus célèbre au Japon. Elle
devint abbesse à l'âge de 37 ans, et
dirigea, à Nagoya, un institut formant les
nonnes à l'enseignement supèrieur du
zen. Elle consacra quinze ans à l'étude
du zen.
De
nombreuses femmes sont devenues nonnes au Japon au
début de ce XXIe siècle. Elles sont
à la recherche d'une vie plus profonde. Les
écrits des nonnes de l'Inde antique (interprétés
dans le Terigatha), du Japon moderne et des nonnes
vivant en Europe et en Amérique possèdent
une même qualité de recherche qui ne
saurait être prise pour un désir de fuir
la société. "Elles y ont vu le
moyen d'atteindre la réalisation de soi et
y ont trouvé un champ plus large et plus intense
où exercer leur activité mentale. Elles
savaient que c'était cette vie-là qu'elles
voulaient vivre avant tout. Le renoncement est considéré
comme un privilège qui apporte également
la liberté, la connaissance et la paix. "
(Tengatha). Pour des femmes de tous pays et de cultures
très différentes, la vie de nonne est
riche de sens et les femmes continuent à contribuer
de façon significative à la vie religieuse
japonaise. En fait, pour de nombreux bouddhistes laïques,
les nonnes Soto sont de véritables "trèsors
vivants" personnifiant le Dharma. De l'époque
du Bouddha Sakyamuni, en passant par le premier bouddhiste
ordonné au Japon au VIe siècle. Jusqu'aux
nonnes d'aujourd'hui, l'histoire des nonnes est riche
de pertes et de succès, dans la dévolution
à la voie du Bouddha.
Jade
Reidy
(traduction
française : Elise Poquet)
(Avec l'aimable autorisation de l'A.Z.I)* Les informations
contenues dans cet article proviennent du livre de
Paula Kane Robinson Arai, Women Living Zen, Japanese
Soto Buddhist Nuns, Oxford University Press, 1999.
Ces
calomnies qui accusèrent le Bouddha
(extraits)
Le
Bouddha dut souvent intervenir pour apaiser les conflits
qui surgissaient au sein de la sangha. Certains disciples,
trop zélés furent l'objets de raillerie
ou de jalousie. Plus grave, des complots furent organisés
par les brahmanes pour déstabiliser la communauté
bouddhiste. Leur armes : la calomnie
La grossesse de Chandamana
Un jour, disent les textes, alors que le Bouddha
enseignait, une pluie de fleurs parfumées tomba
du ciel, une musique céleste retentit, des
naïades et des nymphes apparurent et leur danse
charma l'assemblée. Au même instant,
un terrible remue-ménage se fit à la
porte du temple. Nanda apparut, bousculé par
une foule hurlante et gesticulante de prêtres
brahmanes. "Imposteur ! Suborneur ! Hérétique
! " criaient-ils au Bouddha, et ils désignaient
une jeune femme en pleurs dont le ventre rond avouait
la grossesse. Chacun reconnut la belle Chandamana,
une des plus jolies filles de Varna, brahmane de bonne
caste et de bonne famille. Chandamana avait longtemps
servi un des plus grands maîtres des tantra,
mais depuis quelques mois elle s'était attachée
au Bouddha et semblait suivre son enseignement. On
l'avait même aperçue, la nuit tombée,
dans le temple Jetavana. Chandamana s'effondra aux
pieds de Shakyamuni : "Tu m'as rendue enceinte
et maintenant tu refuses le fils que je porte ! Sans
vergogne et sans pitié, tu m'abandonnes, alors
que tu me dois nourriture et vêtements. Honte
à toi, Gotama ! "
Toi
et moi sommes seuls à savoir
Atterrée, l'assemblée restait stupéfaite
: certains rougissaient de honte, d'autres étaient
pâles de colère, d'autres enfin baissaient
les yeux et doutaient."C'est la vérité,
criaient les brahmanes. Les médecins et les
astrologues le certifient ! ". Le Bouddha restait
impassible. Il leva la main et le silence se fit.
"Que tu dises vrai ou faux, ma soeur, dit-il
tranquillement à Chandamana, toi et moi sommes
seuls à savoir."
Sur
ces mots, un disque de bois bombé glissa de
sous la robe de Chandamana et roula sur le sol. C'était
un simulacre que la jeune fille avait attaché
autour de sa taille avec des bandelettes dont les
noeuds s'étaient défaits. En fait, Chandamana
avait comploté ce scandale avec son maître,
elle avait feint de suivre le Tathagata, tout en rôdant
la nuit près de sa chambre. Démasquée,
elle s'enfuit sous les huées, suivie de brahmanes
tout penauds qui se confondaient en excuses. Radieux,
soulagé, Nanda, comme d'autres moines, souriait.
Ni
la couleur de la joie ni la couleur de la colère
Mahakashyapa s'approcha : " Alors, petit frère,
lui dit-il, qu'as-tu appris aujourd'hui ?
- Que nous gardons l'empreinte de nos actions passés,
comme un vase conserve l'odeur de ce qu'il a contenu.
- C'est tout ? demanda Mahakashyapa.
- Mais c'est beaucoup, dit Nanda. Tiens, moi, par
exemple, souviens-toi comment le Tathagata a dû
user de moyens habiles pour m'ordonner, tant mon attachement
aux sens était grand !
- Certes, répondit Mahakashyapa, nous sommes
marqués du sceau de nos actions. Mais que t'importe,
ici et maintenant, de savoir qu'autrefois tu étais
un âne rétif que son maître a dressé
en lui promettant une ânesse blanche ! "
Confus, Nanda baissa les yeux et se tut. " Non,
reprit le grand Mahakashyapa, si tu veux retenir quelque
chose de ce jour, souviens toi que le visage du Bouddha
n'a pas pris la couleur de la joie et du plaisir lorsque
Devaganga l'a accablé de louanges, souviens-toi
qu'il n'a pas pris non plus la couleur de la colère
ou du chagrin lorsque Chandamana l'a calomnié.
Véritablement, l'esprit du Bouddha reste impassible,
il est comme l'or pur : brûlé, fondu,
battu, et rebattu, il ne change pas. C'est pour cela
qu'il est seul à pouvoir être appelé
Bhagavat. "
Nicolas
Siriex
Avec l'aimable autorisation de l'AZI
1) Nanda était le demi-frère du Bouddha
L'art de guérir au Tibet
(extraits)
Parmi
les cinq sciences fondamentales de la culture tibétaine,
la science médicale est la principale. D'abord
d'inspiration chamanique, puis bouddhiste, elle s'est
enrichie au contact des cultures perses, indiennes
et chinoises, tout en restant une médecine
holistique.
La
lutte contre les différentes maladies et les
souffrances physiques concerne tous les peuples de
la Terre. Le Tibet n'échappe donc pas à
la règle. Qu'il s'agisse d'une médecine
empirique fondée sur l'observation des maladies
et des remèdes découverts accidentellement,
il fallait que l'être humain dispose d'une capacité
naturelle à discerner ce qui pouvait contribuer
à maintenir son bien être. C'est une
démarche logique vers cette recherche permanente
de l'absence de souffrance, appelée parfois
: le bonheur. Des techniques de guérison ont
été élaborées à
partir d'un vaste champ expérimental. A l'époque
du premier roi tibétain Nyathri Tsenpo, on
découvrit que les plantes, les êtres
vivants et les minéraux pouvaient avoir des
actions curatives. Près de deux cents ans plus
tard, sous le règne du roi tibétain
Drigoum Tsenpo, le ministre Rulékyé,
dynamique et intelligent, fit construire des ponts,
cultiver les terres, extraire les minerais de fer,
de cuivre, d'argent et d'or. Les vaches et le taureaux,
les dris et les yaks furent désormait abrités
dans des étables et la productions des fermiers
et nomades s'accrut alors. Grâce à cet
essor social, économique, et technologique,
on apprit à fabriquer la bière avec
les céréales et le beurre avec le lait.
C'est ainsi que l'on découvrit de nouveaux
traitements : la lie de bière fut employée
pour soigner les blessures et le beurre fondu pour
arrêter l'écoulement sanguin.
Selon
la médecine tibétaine, de manière
générale, toutes les substances externes
et internes sont constituées des quatre éléments
(eau, terre, feu, air). De leur état d'équilibre,
dépendent les sensations corporelles de plaisir
ou de souffrance. Au Tibet, des gestes préventifs
ou curatifs, transmis de génération
en génération, ont été
conservés et rationalisés pour devenir
le "levain" de la médecine tibétaine.
Première
école de médecine
En 762, Youthog Yeunten Gonpo établit
à Menloung, dans le Kongpo, la première
école médicale dont l'enseignement principal
reposait sur les quatre tantras de médecine.
Elle comptait plus de 300 élèves. Autrefois,
la plupart des médecins tibétains étaient
des moines et la majorité des hôpitaux
se trouvaient dans les monastères. On y trouvait
l'école enseignant les sciences et le dispensaire
pour les soins apportés aux malades ce qui
permettait de mettre en application, dans un principe
de compassion, le savoir des moines-médecins.
Au
fil des siècles, la médecine tibétaine
fit l'objet d'une approbation inégalée
et d'une confiance sans limite au sein de la population.
Aussi, la réputation de la médecine
du Toit du monde se répandit-elle au delà
de ses frontières naturelles, mérites
colportés par les caravanes qui faisaient commerce
avec l'Inde et Chine et l'actuel Pakistan. Les textes
médicaux traditionnels sont consignés
à travers quatre tantras racines divisés
en autant de sections. Ces textes entièrement
mémorisés par les étudiants,
demandent des années de travail sur la présentation
des causes des maladies, leur examen exact et les
moyens curatifs. C'est le cas du tantra fondamental.
Le tantra explicatif, quand à lui, se compose
de trente et un chapitre consacrés à
la croissance de l'organisme, au développement
et au déclin de la maladie, aux préparations
médicinales et à la chirurgie. Enfin,
le tantra des instructions, divisé en quatre
vingt douze chapitres, étudie et répertorie
les causes et les conditions d'apparition des maladies
et présentent les méthodes de soins.
Le
tantra final, comporte vingt-cinq chapitres consacrés
à l'examen des pouls et urines, aux calmants,
aux thérapies douces et fortes... Un travail
long et fastidieux pour les étudiants qui doivent
connaître parfaitement la composition et les
action de plus de 2800 médicaments. Forts d'un
savoir très ancien, les Tibétains, très
pragmatiques, ont recueilli progressivement la quintessence
de nombreuses médecines étrangères
qui se révélaient efficaces. En améliorant
leur science médicale, en la propageant et
en la développant, ils créèrent
un système original qui étonne beaucoup
d'Occidentaux tant par sa complexité que par
ses étonnants résultats.
En
1959, le Tibet tomba sous la coupe des Chinois, provoquant
un grand désastre politique, économique,
culturel et environnemental. Lors de la révolution
culturelle, la médecine tibétaine connut
de sévères dommages, parfois irréparables
: les érudits furent jetés en prison,
torturés ou exécutés. Les médicaments
et les livres médicaux furent saccagés,
la nature "religieuse" de cette médecine
étant jugée contraire aux principes
du matérialisme communiste. Mais la révolution
culturelle et l'épisode sanglant du fameux
"bond en avant" des gardes rouges n'ont
pas pour autant tué la médecine du Bouddha.
Ses fameuses pilules, dont certaines sont composées
de mercure purifié, ont fait l'objet d'une
étude attentive des médecins chinois.
Des
résultats probants
Aujourd'hui, petit à petit, les médicaments
de la pharmacopée tibétaine sont reconnus
en qualité de médecine naturelle et
on peut y voir un signe encourageant. Comme ces médicaments
donnent de bons résultats dans le traitement
des maladies de l'estomac, du foie et de la vésicule,
de la goutte, des rhumatismes et des tumeurs, la qualité
de la médecine tibétaine et de ses particularités
a été remise à l'ordre du jour.
Dans le pays, les spécialistes de la médecine
tibétaine et les universitaires qui l'étudient
sont chaque jour plus nombreux. Mais la médecine
tibétaine a été "purgée
des superstitions bouddhistes" par les commissaires
politiques à la solde de Pékin. Certes,
elle reste efficace, mais sortie de son contexte culturel
et cultuel, elle a perdu beaucoup de son efficience.
De plus, la déforestation massive du Tibet
a provoqué la disparition de nombreuses plantes
qui composaient la pharmacopée traditionnelle.
De fait, certaines maladies ne peuvent plus être
traitées efficacement.
Quoi
qu'il en soit, en 1985 à Lhassa, on entreprit
d'examiner les causes des ulcères et l'on recensa
de nombreux cas dans la population. L'institut médico-astrologique
tibétain travailla en collaboration avec l'hôpital
chinois de Lhassa. Lorsque les médecins des
principales traditions étrangères procédèrent
à leurs observations, ils utilisèrent
le microscope et examinèrent quelles étaient
les causes premières de la maladie. Celle-ci
fut ensuite soignée durant près de trois
ans au moyen de la tradition tibétaine. Elle
s'avéra opérante pour 196 malades sur
350 environ et reçut, en 1987, les compliments
du centre d'hygiène chinois, pour ce résultat.
D'autre part, les malades atteints d'hépatite
B furent soignés avec des médicaments
tibétains et comme l'examen sanguin des patients
révéla que ce traitement avait obtenu
de bons résultats, beaucoup de médecins
chinois adressèrent leurs patients à
leurs confrères tibétains.
En
Inde, la science médicale tibétaine
est enseignée depuis plusieurs années
par des médecins tibétains en exil afin
de sauver et de maintenir le savoir d'une science
qui n'a pas fini de nous étonner.
Lama
Loug Tok
médecin tibétain
Visite d'un centre bouddhiste
(extraits)
Temple
shingon Komyo-In
Temple
de la lumière pour la vie
Domaine de la montagne
89350 Villeneuve-les-Genêts
Tel. : 03.86.45.45.79
Ecole
ou lignée : Shingon, Vajrayana japonais.
Réseau : premier temple Shingon en France,
affilié à Entsuji (école Kogi)
au Japon.
Maître
fondateur : Aoki Yuko-Daïsojô, grand
maître du Buzan Shingi (l'école réformée
au IXe siècle par le grand maître Kôgyô
Daishi) et Matsumoto Jitsudo-Daïsôjo, Kanchô
(directeur spirituel de Saïda-Ji, temple siège
du Shingon-Risshukogi.
Comment
s'y rendre : En voiture : c'est à quarante-cinq
kilomètres à l'ouest d'Auxerre, par
la D 96 : jusqu'à Mézilles, puis Champignelles,
Villeneuve-les-Genêts. Traverser le village,
prendre la direction de Bléneau, puis la route
située à trois cents mètres à
gauche : le temple se trouve au bout de la route,
au lieu-dit La Montagne.
Langues
utilisées : Japonaise pour les rituels
et français pour les enseignements.
Pratiques
régulières: la prise de refuge quotidienne,
suivie pas la récitation répétée
de textes sacrés issus du Hannya Shingyô
(soutra de la Sagesse du coeur), du Kannon Kyo (soutra
du Lotus), dédié au grand compatissant
Avalokiteshvara, ainsi que de mantras spécifiques
au bouddhisme Shingon. La méditation sur la
vacuité de l'esprit se pratique au moyen de
la concentration sur l'image d'une petite lune blanche
d'environ trente-huit centimètres de diamètres,
peinte sur un fond noir. Une posture stable, une respiration
lente et profonde permettent de prendre conscience
de la luminosité de son propre esprit, et le
coeur se purifie progressivement de tous les attachements
dualistes, et de toutes les passions. Les révérends
Yukaï et Yusen pratiquent également le
culte Shingon secret de Kangi-Ten, lointain descendant
du dieu Ganesha à tête d'éléphant,
ramené de Chine par Kobo Daishi, le fondateur
du Shingon, né en 774 dans l'île japonaise
de Shiokoku. Actuellement, dix huit écoles
Shingon existent au Japon, regroupant environ douze
millions de pratiquante et vingt mille moines.
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