Archives 2001

 
 
     

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1999 - 2000 - 2001 - 2002 - 2003 - 2004


Mai 2001 n°22

• Les plans secrets de l'évasion du jeune Karmapa
Après la fuite du XIIème Karmapa, des questions se posent. Pourquoi, comment ? Gilles Van Grasdorff, journaliste, écrivain, a mené une passionnante enquête.

• Végétarisme et végétariens au Japon
Le végétarisme au Japon n'est pas une mode récente. Il remonte au 8ème siècle. Dès l'arrivée du bouddhisme, des décrets impéraux interdirent ou réduisirent la consommation de viande.

• Nandä, la demi-soeur du Bouddha
Comme beaucoup de menbres de la famille du Bouddha, Nandä, sa demi-soeur, devint nonne, et vécut une expérience spirituelle peu commune.

La vie des moines à Songgwang-sa
Entièrement codifiée jusque dans ses moindres détails, la discipline est la base même de la pratique. Fouler aux pieds l'ego, pour mieux s'absorber dans la contemplation vigilantes, tels est le credo des moines coréens.

• Nous voulons récupérer Bodh Gaya
Par le Vénérable Banthe PrajnaShe. Longtemps, le site de Bodh Gaya, géré pas des hindous, a été au centre de détournements de fonds et de corruption. Une situation dénoncée par les moines bouddhistes indiens qui veulent récupérer le lieu saint.

Le festival de films bouddhistes
Le premier festival des films bouddhistes déroule ses péllicules en mai à Paris. Placé sous le signe du Dharma, le "Toit du monde" est, cette année, à l'honneur. Metteurs en scène, producteurs et journalistes présenteront leur film au public.

 

 

sommaire : Tenzin Choedrak,médecinBodhgaya sous influencesBouddhisme à l'italienneRéincarnationPas de compassion sans amour

Le combat des nonnes zenLe Bouddha face aux calomniesL'art de guérir au TibetTemple Shingon Komyio-inLes plusBas de page

Le vieil homme et la mort (extraits)

"Naître, c'est déjà, en soi, accomplir un pas vers la mort. Je pense souvent à la mienne, prochaine, disait Tenzin Choedrak. Bouddhiste, je la considère comme un processus naturel, une réalité que j'ai admise tout au long de mon existence. Nul ne peut y échapper et je ne vois aucune raison de m'en inquiéter. Elle n'est pas une véritable fin."

Tenzin Choedrak, médecin personnel du Dalaï-Lama, nous a quitté. Il est mort le 6 avril à Dharamsala, en Inde du Nord à quelques centaines de kilomètres de son Tibet natal. Né en 1922 à Ringpoung Dzong près de Shigatsé au Tibet central, Tenzin Choedrak était entré à l'âge de dix ans au monastère de Nyepo Choe où il resta pendant sept ans. En 1941, il entra à la célèbre école de médecine monastique Mentse-Khang à Lhassa où il est fut formé par le vénérable Khyenrab Norbou. Pauvre et peu instruit, de santé fragile, il relève le défi. Obligé de vendre quelques objets personnels, de peu de valeur, pour s'acheter des livre, il s'enfonce dans les études médicales. En 1952, Tenzin Choedrak sort du Men-tse-khang, premier d'une promotion de soixante dix élèves, avec le titre le plus élevé, expert dans les onze branches majeures fondant la pratique médicale au Tibet. Après avoir été pendant un an le médecin de la mère du Dalaï-Lama, il se rend, en 1954, à Phari, où il étudie les procédés de purification et de détoxication du mercure, un métal qui entre la fabrication de certains médicalements. L'année suivante, il est appelé par le gouvernement tibétain à être, à Lhassa, l'un des quatres spécialistes affectés à la santé du Dalaï-Lama.

La première fois que j'ai rencontré le médecin personnel du Dalaï-Lama, c'est en 1994 à Dharamsala. Je venais d'être reçu en audience par Sa Sainteté le Dalaï Lama et il se tenait à quelques pas de nous. Tenzing Choedrak est l'un des rares maîtres les plus éminents de la tradition médicale tibétaine qui aura marqué de son empreinte l'histoire du Tibet et sa culture. La première fois, il m'a reçu pour m'expliquer le Men-tse-khang, l'institut de médecine fondé par Khenrab Norbou, le maître qu'il est allé rejoindre en ce mois d'avril 2001. J'étais loin de me douter qu'il me choisirai un jour comme biographe. Je l'ai revu en 1996, la veille de mon départ de Dharamsala, alors que j'écrivais un livre consacré au Panchen Lama, et nous avons pris rendez-vous pour l'année suivante 1997. Moments intenses, instants privilégiés de partage. Tenzin Choedrak m'a raconté sa vie en me confiant un enseignement de base du bouddhisme tibétain : l'amour et la compassion, auquel j'ajouterai le pardon. En 1975-76, après dix-sept années passées dans les geôles chinoises où il était torturé chaque jour, il acceptera de soigner un commandant d'artiellerie atteint d'une maladie considérée comme incurable. Un tournant dans la vie du docteur Choedrak. En dépit des tortures infligées par ses tortionnaires, et la mort de quasiment tous ses compagnons de cellule, il avait conscience qu'il devait guérir ce militaire afin d'obtenir l'autorisation de soulager ensuite la souffrance des autres détenus du camps. Le militaire guéri, le docteur Choedrak connaîtra quatre autres année de demi-liberté. Mais il avait atteint son objectif : il pouvait aider les Tibétains prisonniers des Chinois.

Dharamsala. Sur la véranda du bungalow où nous allions nous retrouver chaque jour pendant plusieurs heures, ce matin est différent de tous les autres. C'est l'avant-mousson de 1997. Le soleil darde ses rayons sur le jardin, des oiseaux chantent, une mangouste pointe son nez. Un froissement. Homme, plié en deux, monte la pente. Il me fait signe. Je lui répond. Je vais à sa rencontre. Tenzin Choedrak appuie une main sur son genou, reprend son souffle, rit. Il me prend la main, appuie son front contre le mien. Un flot d'émotions m'envahit. Tenzin Choedrak est gravé à jamais dans mon coeur.

Il est né prématuré, en avril 1922. Enfant, il était considéré comme l'idiot du village. C'est à force de courage et de travail que Tenzin Choedrak va apprendre à lire et à écrire dans son monastère de Tcheuté qu'il rejoint à l'âge de dix ans. L'étude des textes sera plus facile pour lui quand il aura treize ans. Le temps passe, dur, pénible parfois, mais Tenzin Choedrak est toujours animé de cette farouche volonté : devenir amchi, c'est à dire docteur de médecine tibétaine. Une certitude : il est habité par l'enseignement du Bouddha. Le Dharma règle son quotidien. Le Dharma est toute sa vie.

C'est en 1940 que le docteur Choedrak arrive à Lhassa, bien décidé à réaliser son rêve. A l'époque, le Dalaï Lama a tout juste cinq ans et vient d'arriver dans la capitale. Etrange destin. Ils ne se connaissent pas encore, mais leur vie empruntera désormais une voie parallèle. La première visite de Tenzin Choedrak au Men-tse-khang sera en tant que patient. Il n'a pas trouvé d'autre moyen pour rencontrer les maîtres de l'Institut de médecine. Ils sont deux dans une pièce. Devant eux, un adolescent qui leur dit : "je ne suis pas malade. Je viens du monastère de Tcheuté et je veux devenir amchi comme vous !". Il étudiera au Men-tse-khang auprès de Khenrab Norbou, son guide, celui à qui il s'est toujours référé au cours de nos entretiens. Le médecin doit être intelligent car il est destiné à de grandes responsabilités. Il doit être capable de soigner des troubles extrêmement graves et ne jamais se laisser décourager par les difficultés rencontrées. Son engagement moral exige une discipline très stricte. Il doit considérer le patient comme ses propres parents. La créativité du médecin est une autre qualité, de même que l'enthousiasme. Et enfin, il doit appliquer les enseignements du Bouddha qui prône notamment la tolérance et la compassion. C'est ce que le docteur Tenzin Choedrak a fait tout au long de sa vie. Il est l'exemple même de celui qui, dans son existence présente, aura été un bodhisattva, un être réalisé qui contribue continuellement à soulager la souffrance de tous les êtres.

Le 12 mars 1959, en plein soulèvement à Lhassa, il est arrêté alors qu'il s'apprêtait à regagner le Norboulingka, la résidence d'été du Dalaï Lama, devant laquelle la foule gronde. Des rumeurs circulent, en effet, sur le possible enlèvement du souverain tibétain par les forces communistes chinoises. C'est seulement 21 ans plus tard en 1980 - qu'il rejoindra Dharamsala, Sa Sainteté le Dalaï Lama, Amala (la mère du Dalaï Lama, décédée en 1981) alors souffrante et qui réclamait Tenzin Choedrak. C'est à Dharamsala qu'il poursuivra l'oeuvre de son maître Khenrab Norbou. Le Men-Tse-Khang, pendant de l'institut de médecine de Lhassa continue à former des médecins.

Je me souviens de notre dernière rencontre, l'an passé. Il m'a récité en tibétain une prière que je connais maintenant par coeur. Il me tenait la main, mon front était appuyé contre le sien. Nous savions que nous ne nous reverrions plus.

" Je suis convaincu que je ne pourrai pas revoir le Tibet dans cette vie, disait alors Tenzin Choedrak. Depuis 1980, date à laquelle je suis arrivé à Dharamsala, j'ai oeuvré de mon mieux pour permettre au Men-Tse-Khang de préserver nos traditions. Quatre médecins-chefs connaissent désormais les procédures de purification et de détoxification du mercure et autres métaux. Au cours de cette année, treize praticiens ont bénéficié également de ces enseignements. Quatre vingt étudiants travaillent sous le contrôle permanent de professeurs. Il y va de l'avenir de notre institution. Des scientifiques du monde entier prennent désormais en considération nos travaux, mais il reste encore beaucoup à faire pour que la médecine tibétaine soit reconnue à sa juste valeur et trouve sa vraie place, afin de contribuer, à sa mesure, au bien-être de l'humanité. "

Gilles Van Grasdorff

Gille Van Grasdorff, biographe du Dr. Choedrak, a publié à ce titre "Le palais des arcs-en-ciel" paru chez Albin Michel.

Bouddhisme et société, le modèle italien (extraits)

Un accord signé avec un premier ministre communiste sur la reconnaissance du bouddhisme comme religion au même titre que le catholicisme ; des personnalités du sport et du spectacle ouvertement conquis par le Dharma ; un engagement social et humain exemplaire... Où sommes-nous ? En Italie, tout simplement

Un bouddhisme à l'italienne ?
Quand on interroge Daï Do Strumia, introducteur du Zen en Italie voilà plus de trente ans après une pratique assidue en France comme disciple de Taisen Deshimaru, et responsable du centre Il Cerchio Vuoto, Turin, voilà ce qu'il répond : "En France, Taisen Deshimaru a travaillé de façon bien précise, et avec lui s'est développé un important mouvement et tout s'est concentré dans cette dimension de groupe. Et donc, il y a une structure qui englobe les choses de façon organique, très bien organisée. Les italiens ne sont pas des français, ce sont des Italiens. Les choses, ils se les inventent eux-mêmes, individuellement : "Moi, je fais comme ça, et toi, tu fais comment ? Moi, je m'arrange de cette façon, et toi ? " Et tout le monde s'entend bien tout en faisant des choses différentes. Il insiste aussi sur le fait qu'après une période où le Zen ne comptait que très peu, voire pas du tout de femmes, celles-ci ont peu à peu envahi la scène jusqu'à très largement dépasser les hommes. Etonnant ou pas pour un pays dont les moeurs sont réputées traditionnelles... il en est ainsi.

Le vent en poupe
Laura et Valeria, deux jeunes bouddhistes milanaises du centre tibétain Ghe Pel ling me le rappelaient lors d'un entretien "volé" dans le métro de la mégalopode du nord du pays, il faut dire que le bouddhisme a en Italie des ambassadeurs de choix, en particulier auprès des jeunes qui se sont épris en masse de cette philosophie, sans renier pour autant leur culture catholique. Ainsi, rien moins que le chanteur numéro un du pays, Jovanotti, un rappeur écologiste, voyageur et non-violent, le meilleur joueur de football de la décennie, Roberto Baggio, et le cinéaste Gabriele Salvatores, réalisateur de Nirvana, et l'équivalent d'un Luc Besson en Italie, parlent ouvertement de leur sympathie, voire de leur pratique bouddhiste. Sans parler de Bertolucci, dernier "monstre sacré" du cinéma italien, réalisateur de Little Bouddha en 1993. Quand on sait qu'une génération vit au rythme de ses chanteurs, de ses champions et de ses films cultes, on peut comprendre la popularité du Bouddhisme dans le "Bel Paese". Lors de sa visite d'octobre 1999, le Dalaï-Lama avait ainsi bénéficié d'un accueil triomphant, et des interview réalisés dans des universités avaient confirmé, si besoin était, la côte du personnage et de la spiritualité qu'il incarne...

Turin, porte d'orient...
C'est le titre d'un article d'une double page qu'un des plus grands quotidiens italiens, la Repubblica, consacrait à la turinoise Elsa Bianco, psychanalyste junghienne et présidente de l'Union des bouddhistes Italiens, au mois d'octobre 2000. La capitale piémontaise a en effet joué un grand rôle dans l'introduction du bouddhisme en Italie, et cela depuis plus d'un siècle et demi, par la voie universitaire. Aujourd'hui, les plus luxueux magasins du centre ville s'inspirent de l'Orient pour la décoration de leurs vitrines, et les "ragazze" se parent de bracelets mala. Il reste à souhaiter que ce bel engouement porte les fruits escomptés et gagne en particulier la totalité de la péninsule, le sud restant pour l'instant encore peu touché par le Dharma.

François-Marie Perier
Contact : www.buddhismo.it

• Réincarnation : la réponse du lama au disciple (extraits)

" L'idée de "réincarnation" est intégrée à la structure philosophique du bouddhisme, déclare le Dalaï-lama. Il s'agit d'une énergie cinétique (en mouvement) qui fait qu'une vie découle de la précédente. Ce n'est pas pour autant un enseignement de Bouddha. L'apport du Bouddha est de montrer qu'il n'y a pas d'âme ou de moi qui transmigre. Mais un individu arrivé à un haut degré d'évolution spirituelle est supposé capable d'orienter, au moment de sa mort, ce flux d'énergie dans une direction précise donnant naissance à un tulkou."

disciple -Qu'en est-il de la mort ?
Lama -Si nous mourons attachés à la vie, nous reviendrons dans cette vie. Si nous atteignons la
libération pendant notre vie, nous serons libérés du cycle des renaissances. Nous récolterons ce que
nous aurons semé.

d.-Mais qu'arrive-t-il dans la mort ?
L.-Chaque vie peut être comparée à une goutte d'eau. Au moment de la mort cette goutte retourne à l'océan et s'y dissout. Elle apporte donc à l'océan l'expérience de sa vie. Plus tard, lorsqu'une goutte d'eau sort de l'océan pour animer une vie, est-ce que c'est la même goutte ou une autre ?
d.-C'est la même... est ce n'est pas la même...
L.-Pourquoi ?
d.-Parce qu'elle s'est mélangée aux autres.
L.-Exactement. C'est la même et c'est une autre parce que la nouvelle goutte porte en elle un peu de toutes les autres. Il n'y a donc pas de passage direct d'une vie à une autre, pas de réincarnation individuelle. La goutte et l'océan sont une image qui sert à nous faire comprendre que la vie naît et renaît dans un contexte que les vies précédentes ont organisé.
d.-Mais vous avez dit que nous récolterons ce que nous semons.
L.-Tous les êtres sont nés de cet océan duquel nous venons aussi. Nous serons dans ces gouttes d'océan qui animeront d'autre vies. Ainsi, nous récolterons avec ce que nous avons semé, et ce qu'ont semé tous les autres aussi.
d.-Mais alors, pourquoi certains naissent-ils riches et d'autre pauvres ? Pourquoi certains ont ils une vie facile est d'autres une vie difficile ?
L.-Les jeunes, les bien-portants et les riches connaissent aussi la souffrance, la vieillesse, la maladie et la mort. La vie humaine nous offre l'occasion d'apprendre à nous libérer des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons. Ce ne sont pas les circonstances qui conduisent à la sagesse, mais notre façon de les vivre.
-Calme tout espoir de résultat. Il n'y a pas de moi, donc pas de salut pour le moi, ni de libération future. On ne se libère que dans l'instant un instant à la fois. Cesse de désirer, même la libération, car c'est là ce qui t'empêcherait de la trouver.

Patrick Levy
Auteur de "Contes de Sagesse"
Edition Dangles

 

• Pas de compassion sans amour des autres

"On peut se passer de religion, mais pas d'amour, ni de compassion" affirme le Dalaï-Lama. Un thème repris par Mathieu Ricard, moine bouddhiste

• Dans son livre,"Sur les traces de Siddharta", maître Thich Nhat Hanh a reconstitué la vie du Bouddha. Il présente le jeune prince Siddharta comme très uni à son épouse, Yasodhara qui, selon maître Thich Nhat Hanh, "discutait souvent avec Siddharta des moyens de soulager les tourments des plus pauvres. Elle sollicitait les conseils de son mari pour ses projets d'aide sociale".

Dans le couple princier, Yasodhara incarne l'amour et la compassion qui s'efforcent de vaincre la souffrance en la soulageant immédiatement, lorsqu'elle se manifeste. Alors que Siddharta développe une compassion plus profonde visant à nous libérer non seulement de la souffrance actuelle, mais aussi des causes de cette souffrance : "Conscient de l'importance du travail de Yasodhara, Siddharta pensait que cette seule voie n'arriverait néanmoins jamais à apporter la paix. Les gens étaient non seulement pris au piège de leurs maladies ou de l'injustice sociale mais aussi prisonniers des afflictions et des passions qu'ils avaient eux-mêmes crées dans leurs coeurs. Et plutôt que de s'engager dans une oeuvre sociale immédiate aux côtés de Yasodhara, Siddharta préférera quitter son épouse et le palais de son père, agissant ainsi pour le bien de tous les êtres, à la recherche de la vérité qui représente la délivrance ultime de la souffrance.

Dans cette reconstitution de la vie du futur Bouddha, le message de maître Thich Nhat Hanh est claire : "c'est la vérité qui libère et non la nourriture donnée à celui qui a faim, ou les soins aux malades, ou les vêtements à celui qui a froid. Car la vérité traite les causes de la souffrance, pas seulement des symptômes."

Tel est l'amour de l'Eveillé qui libère de la souffrance et de ses causes et qui inspire la "grande compassion", la compassion active et sans limite du bodhisattva exprimée par cette prière du Dalaï-Lama : "Aussi longtemps que durera l'éspace, aussi longtemps que dureront les êtres sensibles, puissé-je moi aussi demeurer afin de dissiper les souffrances du monde."

Matthieu Ricard, qui est devenu pour ainsi dire un passeur entre le bouddhisme et nous car il vit de l'intérieur les valeurs de cette religion tout en étant un occidental, est particulièrement à même de nous éclairer sur l'amour et la compassion vécues dans le bouddhisme. A Shechen, son monastère sont transmis des enseignements parmi les plus élevés du bouddhisme, tandis, qu'amour et compassion s'expriment très concrétement dans la construction d'une clinique, ouverte aux portes du monastère à tous ceux qui ont besoin de soins. Et à Bodhgaya, lieu sacré de l'Eveil, sous l'autorité spirituelle de Rajam Rimpotché, Matthieu participe à la création d'une clinique mobile qui pourra secourir les plus démunis. Sa Sainteté le Dalaï-Lama a d'ailleurs vivement engagé les monastères tibétains à construire des écoles, des dispensaires et des cliniques destinés à tous. Les cliniques de Shechen ou de Bodhgaya sont une manière d'illustrer dans les actes l'essence même du messagedu Dalaï-Lama rappelant souvent qu'on peut se passer de religion, mais certainement pas de compassion, ni d'amour.

Sofia Stril Rever

Pour en savoir plus :
Rencontre avec Matthieu Ricard sur les notions d'amour et de compassion dans le bouddhisme. Mardi 6 juin à 19h Université de Paris 8 Amphithéâtre B1-métro Saint-Denis Université (ligne 13)
Participation 50 f * Entrée libre sur présentation de la carte étudiant de l'Université de Paris 8. Inscription et réservation : 1, place de la Coupole 92084 Paris-la-Défense cedex
tel : 01 47 96 48 76 (chèque à l'ordre de Buddhaline)

* Les bénéfices de cette conférence seront intégralement reversés au monastère de Shechen pour la clinique mobile de Bodhgaya. Vous pouvez, si vous le souhaitez, faire un don en envoyant un chèque à l'ordre de la Fondation de France/ Fondation Padmasambhava que nous transmettrons.

• Bodhgaya sous influences (extraits)

Bodhgaya, le site le plus sacré du bouddhisme, est au centre d'une vaste polémique d'où émergent des conflits liés au pouvoir et à l'argent. En dépit d'une reprise en main par des moines intégres, Bodhgaya reste sous influences...

Intérêts personnels, conflits entre hindouistes, bouddhistes et musulmans, contrôle du pouvoir sur un lieu sacré qui génère, au niveau de l'économie locale, des sommes considérables... tous les ingrédients sont réunis pour transformer Bodhgaya en véritable poudrière.

500.000 bouddhistes descendent dans la rue
L'année suivante, les bouddhistes organisent une grande manifestation à Delhi réunissant plus d'un million de personnes. Mille policiers en armes arrêtent le défilé près du pont Barha Khamba. En signe de protestation, les manifestants s'assoient tous par terre. Pendant huit heures d'affilée, le trafic de Dheli est complètement bloqué dans le quartier de Rajhat. Le but de cette manifestation, comme celles qui vont suivre : rendre Bodhgaya aux bouddhistes.

Faisant remarquer que la majorité de la population du Bihar n'est pas pro-bouddhiste, elle propose aux moines contestataires de s'associer aux institutions existantes plutôt que d'essayer de les supprimer, "chose pratiquement impossible", et rejoindre le comité de direction du temple de la Mahabodhi...

Gérard Bogrand

Le combat non violent des nonnes zen au Japon (extraits)

Quelles que soient les religions, les femmes ont toujours subi un machisme dominateur, injuste et injustifié. Le chemin vers l'émancipation a été parsemé d'obstacles pour les nones zen de la tradition Soto. Mais elles y sont parvenues...

A la fin du XIXe siècle, selon la réglementation de la tradition Soto, les femmes devaient porter uniquement la robe noire des novices ; elles n'avaient accès à aucun enseignement, fût-il laïque ou monastique ; elles ne pouvaient ni diriger un temple, ni participer aux prises de décisions concernant leur tradition ; et leur formation de nonne était bien plus longue que celle de leurs homologue
masculins, parfois trois ans de plus. Conscientes de l'aspect inéquitable de leur position, les nonnes japonnaises choisirent néanmoins d'exprimer leur gratitude face à cette injustice qui leur offrait la possibilité de "polir la pierre", d'approfondir leur pratique et d'agir.

Combat pour l'égalité

Une nonne du nom de Kajima Kendo entra à l'école de formation de Nagoya. En 1925, Kojima, qui avait été ordonnée à l'âge de 12 ans, fut la première nonne à entrer à l'université de Komazawa, l'université Soto des enseignants supèrieurs du zen. Kojima Kendo fut directrice de la Pan Japanese Buddhist Nuns Association qui avait pour devise : Brillant comme le soleil Pur comme le lotus en fleur Le bien-être véritable Vient de la compassion De la sagesse De la libération. Elle voyageait debout, en train, des journées entières pour se rendre à de nombreuses rencontre et n'hésitait pas à taper du poing sur la table. En 1945, les conditions commencèrent à changer. Les femmes purent choisir parmi leurs disciples les héritières du Dharma et obtenirent l'égalité des diplômes Elles purent se vêtir de robes aux couleurs appropriées et voter pour les questions de l'école Soto.Elles obtinrent le droit d'être élues à la tête d'un temple principal, ce qui était particulièrement important car cela signifiait qu'elles étaient soutenues par des laïques et disposaient désormais de ressources financières. Kojima Kendo fut la première nonne autorisée à diriger une cérémonie à Eibei-ji, au 700e service de la commémoration d'Ejo, mais il fallut attendre 1980 pour cela. Aoyama Shundo, qui a écrit une demi-douzaine de livres sur le zen, dont Quiet Talk on Zen Tea, est devenue la nonne la plus célèbre au Japon. Elle devint abbesse à l'âge de 37 ans, et dirigea, à Nagoya, un institut formant les nonnes à l'enseignement supèrieur du zen. Elle consacra quinze ans à l'étude du zen.

De nombreuses femmes sont devenues nonnes au Japon au début de ce XXIe siècle. Elles sont à la recherche d'une vie plus profonde. Les écrits des nonnes de l'Inde antique (interprétés dans le Terigatha), du Japon moderne et des nonnes vivant en Europe et en Amérique possèdent une même qualité de recherche qui ne saurait être prise pour un désir de fuir la société. "Elles y ont vu le moyen d'atteindre la réalisation de soi et y ont trouvé un champ plus large et plus intense où exercer leur activité mentale. Elles savaient que c'était cette vie-là qu'elles voulaient vivre avant tout. Le renoncement est considéré comme un privilège qui apporte également la liberté, la connaissance et la paix. " (Tengatha). Pour des femmes de tous pays et de cultures très différentes, la vie de nonne est riche de sens et les femmes continuent à contribuer de façon significative à la vie religieuse japonaise. En fait, pour de nombreux bouddhistes laïques, les nonnes Soto sont de véritables "trèsors vivants" personnifiant le Dharma. De l'époque du Bouddha Sakyamuni, en passant par le premier bouddhiste ordonné au Japon au VIe siècle. Jusqu'aux nonnes d'aujourd'hui, l'histoire des nonnes est riche de pertes et de succès, dans la dévolution à la voie du Bouddha.

Jade Reidy

(traduction française : Elise Poquet)
(Avec l'aimable autorisation de l'A.Z.I)* Les informations contenues dans cet article proviennent du livre de Paula Kane Robinson Arai, Women Living Zen, Japanese Soto Buddhist Nuns, Oxford University Press, 1999.

Ces calomnies qui accusèrent le Bouddha (extraits)

Le Bouddha dut souvent intervenir pour apaiser les conflits qui surgissaient au sein de la sangha. Certains disciples, trop zélés furent l'objets de raillerie ou de jalousie. Plus grave, des complots furent organisés par les brahmanes pour déstabiliser la communauté bouddhiste. Leur armes : la calomnie

La grossesse de Chandamana
Un jour, disent les textes, alors que le Bouddha enseignait, une pluie de fleurs parfumées tomba du ciel, une musique céleste retentit, des naïades et des nymphes apparurent et leur danse charma l'assemblée. Au même instant, un terrible remue-ménage se fit à la porte du temple. Nanda apparut, bousculé par une foule hurlante et gesticulante de prêtres brahmanes. "Imposteur ! Suborneur ! Hérétique ! " criaient-ils au Bouddha, et ils désignaient une jeune femme en pleurs dont le ventre rond avouait la grossesse. Chacun reconnut la belle Chandamana, une des plus jolies filles de Varna, brahmane de bonne caste et de bonne famille. Chandamana avait longtemps servi un des plus grands maîtres des tantra, mais depuis quelques mois elle s'était attachée au Bouddha et semblait suivre son enseignement. On l'avait même aperçue, la nuit tombée, dans le temple Jetavana. Chandamana s'effondra aux pieds de Shakyamuni : "Tu m'as rendue enceinte et maintenant tu refuses le fils que je porte ! Sans vergogne et sans pitié, tu m'abandonnes, alors que tu me dois nourriture et vêtements. Honte à toi, Gotama ! "

Toi et moi sommes seuls à savoir
Atterrée, l'assemblée restait stupéfaite : certains rougissaient de honte, d'autres étaient pâles de colère, d'autres enfin baissaient les yeux et doutaient."C'est la vérité, criaient les brahmanes. Les médecins et les astrologues le certifient ! ". Le Bouddha restait impassible. Il leva la main et le silence se fit. "Que tu dises vrai ou faux, ma soeur, dit-il tranquillement à Chandamana, toi et moi sommes seuls à savoir."

Sur ces mots, un disque de bois bombé glissa de sous la robe de Chandamana et roula sur le sol. C'était un simulacre que la jeune fille avait attaché autour de sa taille avec des bandelettes dont les noeuds s'étaient défaits. En fait, Chandamana avait comploté ce scandale avec son maître, elle avait feint de suivre le Tathagata, tout en rôdant la nuit près de sa chambre. Démasquée, elle s'enfuit sous les huées, suivie de brahmanes tout penauds qui se confondaient en excuses. Radieux, soulagé, Nanda, comme d'autres moines, souriait.

Ni la couleur de la joie ni la couleur de la colère
Mahakashyapa s'approcha : " Alors, petit frère, lui dit-il, qu'as-tu appris aujourd'hui ?
- Que nous gardons l'empreinte de nos actions passés, comme un vase conserve l'odeur de ce qu'il a contenu.
- C'est tout ? demanda Mahakashyapa.
- Mais c'est beaucoup, dit Nanda. Tiens, moi, par exemple, souviens-toi comment le Tathagata a dû user de moyens habiles pour m'ordonner, tant mon attachement aux sens était grand !
- Certes, répondit Mahakashyapa, nous sommes marqués du sceau de nos actions. Mais que t'importe, ici et maintenant, de savoir qu'autrefois tu étais un âne rétif que son maître a dressé en lui promettant une ânesse blanche ! " Confus, Nanda baissa les yeux et se tut. " Non, reprit le grand Mahakashyapa, si tu veux retenir quelque chose de ce jour, souviens toi que le visage du Bouddha n'a pas pris la couleur de la joie et du plaisir lorsque Devaganga l'a accablé de louanges, souviens-toi qu'il n'a pas pris non plus la couleur de la colère ou du chagrin lorsque Chandamana l'a calomnié. Véritablement, l'esprit du Bouddha reste impassible, il est comme l'or pur : brûlé, fondu, battu, et rebattu, il ne change pas. C'est pour cela qu'il est seul à pouvoir être appelé Bhagavat. "

Nicolas Siriex
Avec l'aimable autorisation de l'AZI
1) Nanda était le demi-frère du Bouddha

 

• L'art de guérir au Tibet (extraits)

Parmi les cinq sciences fondamentales de la culture tibétaine, la science médicale est la principale. D'abord d'inspiration chamanique, puis bouddhiste, elle s'est enrichie au contact des cultures perses, indiennes et chinoises, tout en restant une médecine holistique.

La lutte contre les différentes maladies et les souffrances physiques concerne tous les peuples de la Terre. Le Tibet n'échappe donc pas à la règle. Qu'il s'agisse d'une médecine empirique fondée sur l'observation des maladies et des remèdes découverts accidentellement, il fallait que l'être humain dispose d'une capacité naturelle à discerner ce qui pouvait contribuer à maintenir son bien être. C'est une démarche logique vers cette recherche permanente de l'absence de souffrance, appelée parfois : le bonheur. Des techniques de guérison ont été élaborées à partir d'un vaste champ expérimental. A l'époque du premier roi tibétain Nyathri Tsenpo, on découvrit que les plantes, les êtres vivants et les minéraux pouvaient avoir des actions curatives. Près de deux cents ans plus tard, sous le règne du roi tibétain Drigoum Tsenpo, le ministre Rulékyé, dynamique et intelligent, fit construire des ponts, cultiver les terres, extraire les minerais de fer, de cuivre, d'argent et d'or. Les vaches et le taureaux, les dris et les yaks furent désormait abrités dans des étables et la productions des fermiers et nomades s'accrut alors. Grâce à cet essor social, économique, et technologique, on apprit à fabriquer la bière avec les céréales et le beurre avec le lait. C'est ainsi que l'on découvrit de nouveaux traitements : la lie de bière fut employée pour soigner les blessures et le beurre fondu pour arrêter l'écoulement sanguin.

Selon la médecine tibétaine, de manière générale, toutes les substances externes et internes sont constituées des quatre éléments (eau, terre, feu, air). De leur état d'équilibre, dépendent les sensations corporelles de plaisir ou de souffrance. Au Tibet, des gestes préventifs ou curatifs, transmis de génération en génération, ont été conservés et rationalisés pour devenir le "levain" de la médecine tibétaine.

Première école de médecine
En 762, Youthog Yeunten Gonpo établit à Menloung, dans le Kongpo, la première école médicale dont l'enseignement principal reposait sur les quatre tantras de médecine. Elle comptait plus de 300 élèves. Autrefois, la plupart des médecins tibétains étaient des moines et la majorité des hôpitaux se trouvaient dans les monastères. On y trouvait l'école enseignant les sciences et le dispensaire pour les soins apportés aux malades ce qui permettait de mettre en application, dans un principe de compassion, le savoir des moines-médecins.

Au fil des siècles, la médecine tibétaine fit l'objet d'une approbation inégalée et d'une confiance sans limite au sein de la population. Aussi, la réputation de la médecine du Toit du monde se répandit-elle au delà de ses frontières naturelles, mérites colportés par les caravanes qui faisaient commerce avec l'Inde et Chine et l'actuel Pakistan. Les textes médicaux traditionnels sont consignés à travers quatre tantras racines divisés en autant de sections. Ces textes entièrement mémorisés par les étudiants, demandent des années de travail sur la présentation des causes des maladies, leur examen exact et les moyens curatifs. C'est le cas du tantra fondamental. Le tantra explicatif, quand à lui, se compose de trente et un chapitre consacrés à la croissance de l'organisme, au développement et au déclin de la maladie, aux préparations médicinales et à la chirurgie. Enfin, le tantra des instructions, divisé en quatre vingt douze chapitres, étudie et répertorie les causes et les conditions d'apparition des maladies et présentent les méthodes de soins.

Le tantra final, comporte vingt-cinq chapitres consacrés à l'examen des pouls et urines, aux calmants, aux thérapies douces et fortes... Un travail long et fastidieux pour les étudiants qui doivent connaître parfaitement la composition et les action de plus de 2800 médicaments. Forts d'un savoir très ancien, les Tibétains, très pragmatiques, ont recueilli progressivement la quintessence de nombreuses médecines étrangères qui se révélaient efficaces. En améliorant leur science médicale, en la propageant et en la développant, ils créèrent un système original qui étonne beaucoup d'Occidentaux tant par sa complexité que par ses étonnants résultats.

En 1959, le Tibet tomba sous la coupe des Chinois, provoquant un grand désastre politique, économique, culturel et environnemental. Lors de la révolution culturelle, la médecine tibétaine connut de sévères dommages, parfois irréparables : les érudits furent jetés en prison, torturés ou exécutés. Les médicaments et les livres médicaux furent saccagés, la nature "religieuse" de cette médecine étant jugée contraire aux principes du matérialisme communiste. Mais la révolution culturelle et l'épisode sanglant du fameux "bond en avant" des gardes rouges n'ont pas pour autant tué la médecine du Bouddha. Ses fameuses pilules, dont certaines sont composées de mercure purifié, ont fait l'objet d'une étude attentive des médecins chinois.

Des résultats probants
Aujourd'hui, petit à petit, les médicaments de la pharmacopée tibétaine sont reconnus en qualité de médecine naturelle et on peut y voir un signe encourageant. Comme ces médicaments donnent de bons résultats dans le traitement des maladies de l'estomac, du foie et de la vésicule, de la goutte, des rhumatismes et des tumeurs, la qualité de la médecine tibétaine et de ses particularités a été remise à l'ordre du jour. Dans le pays, les spécialistes de la médecine tibétaine et les universitaires qui l'étudient sont chaque jour plus nombreux. Mais la médecine tibétaine a été "purgée des superstitions bouddhistes" par les commissaires politiques à la solde de Pékin. Certes, elle reste efficace, mais sortie de son contexte culturel et cultuel, elle a perdu beaucoup de son efficience. De plus, la déforestation massive du Tibet a provoqué la disparition de nombreuses plantes qui composaient la pharmacopée traditionnelle. De fait, certaines maladies ne peuvent plus être traitées efficacement.

Quoi qu'il en soit, en 1985 à Lhassa, on entreprit d'examiner les causes des ulcères et l'on recensa de nombreux cas dans la population. L'institut médico-astrologique tibétain travailla en collaboration avec l'hôpital chinois de Lhassa. Lorsque les médecins des principales traditions étrangères procédèrent à leurs observations, ils utilisèrent le microscope et examinèrent quelles étaient les causes premières de la maladie. Celle-ci fut ensuite soignée durant près de trois ans au moyen de la tradition tibétaine. Elle s'avéra opérante pour 196 malades sur 350 environ et reçut, en 1987, les compliments du centre d'hygiène chinois, pour ce résultat. D'autre part, les malades atteints d'hépatite B furent soignés avec des médicaments tibétains et comme l'examen sanguin des patients révéla que ce traitement avait obtenu de bons résultats, beaucoup de médecins chinois adressèrent leurs patients à leurs confrères tibétains.

En Inde, la science médicale tibétaine est enseignée depuis plusieurs années par des médecins tibétains en exil afin de sauver et de maintenir le savoir d'une science qui n'a pas fini de nous étonner.

Lama Loug Tok
médecin tibétain

 

• Visite d'un centre bouddhiste (extraits)

Temple shingon Komyo-In

Temple de la lumière pour la vie
Domaine de la montagne
89350 Villeneuve-les-Genêts
Tel. : 03.86.45.45.79

Ecole ou lignée : Shingon, Vajrayana japonais.

Réseau : premier temple Shingon en France, affilié à Entsuji (école Kogi) au Japon.

Maître fondateur : Aoki Yuko-Daïsojô, grand maître du Buzan Shingi (l'école réformée au IXe siècle par le grand maître Kôgyô Daishi) et Matsumoto Jitsudo-Daïsôjo, Kanchô (directeur spirituel de Saïda-Ji, temple siège du Shingon-Risshukogi.

Comment s'y rendre : En voiture : c'est à quarante-cinq kilomètres à l'ouest d'Auxerre, par la D 96 : jusqu'à Mézilles, puis Champignelles, Villeneuve-les-Genêts. Traverser le village, prendre la direction de Bléneau, puis la route située à trois cents mètres à gauche : le temple se trouve au bout de la route, au lieu-dit La Montagne.

Langues utilisées : Japonaise pour les rituels et français pour les enseignements.

Pratiques régulières: la prise de refuge quotidienne, suivie pas la récitation répétée de textes sacrés issus du Hannya Shingyô (soutra de la Sagesse du coeur), du Kannon Kyo (soutra du Lotus), dédié au grand compatissant Avalokiteshvara, ainsi que de mantras spécifiques au bouddhisme Shingon. La méditation sur la vacuité de l'esprit se pratique au moyen de la concentration sur l'image d'une petite lune blanche d'environ trente-huit centimètres de diamètres, peinte sur un fond noir. Une posture stable, une respiration lente et profonde permettent de prendre conscience de la luminosité de son propre esprit, et le coeur se purifie progressivement de tous les attachements dualistes, et de toutes les passions. Les révérends Yukaï et Yusen pratiquent également le culte Shingon secret de Kangi-Ten, lointain descendant du dieu Ganesha à tête d'éléphant, ramené de Chine par Kobo Daishi, le fondateur du Shingon, né en 774 dans l'île japonaise de Shiokoku. Actuellement, dix huit écoles Shingon existent au Japon, regroupant environ douze millions de pratiquante et vingt mille moines.

 

       

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